Month: avril, 2007

Le temps d’un été

Il y a de bons revenants, merci Calou d’être venu nous hanter : c’était le projet estival d’une bande de lycéens (collégiens ?) loufoques, foufous et qui s’en fuckaient des autres. C’était une micro-société privée faite de private jokes qui amusaient les enfants, qui clabaudait clopin-clopant, qui dépensait ses heures de journée en missives barrées : au contraire des autres, je ne crois pas pouvoir les ressortir, Raoul (feue ma machine) m’a tournoyée en bourrique à tellement d’occasions différentes (je me souviens de Wenceslas et d’Alphonse avec un soupir extatique de fanette toute retournée) que mes anciens documents n’ont marqué que ma tête…

Bref, comment décrire l’époque de la tribune sans lui asséner mon projecteur de vieille gamine délaissée par ses désordres mentaux…
On était sacrément perturbés, hein ma gazette ?

Voilà pour toi bonbon russe : parce que cent fois oui, je suis aussi pesneuse de mes naiseries que de ma combi de ski couleur violet minéral, parce que mille fois non, je ne me lasserai jamais de pouffer en retrouvant tes gazouillis d’écrivaillon du dimanche (cf. la jeune lectrice manucurement troublée).

D’ailleurs, sans toi, je crois que je l’aimerais pas le dimanche.

Concert nain-terrompu

Par notre correspondant sur place, Louka Everwood

Samedi, se déroulait le super concert de Cindy Perrault et de son groupe Chaperon Rouge au Futurodrome. Ils venaient auparavant de recevoir la Victoire de la Muse Hic du meilleur groupe de rock (la Muse Hic étant une célèbre chanteuse de la Grèce Antique qui ne s’exprimait que par réexpédition orale).

Ce sont les jeunes Cobalt Blue qui passaient en première partie et qui ont commencé à mettre le feu. L’ambiance était super ! Quand le tour fut venu pour Cindy Perrault de monter sur scène, le public admiratif lui fit un standing ovation (nouvelle mode, ça se fait au début maintenant !). A peine entamait-elle sa cinquième chanson que huit nains de jardins descendirent du ciel (les lutins du Père Noël ????). Ils arrivèrent à peu près tous sur la scène à part un qui eût la malchance de tomber dans le public, de se faire piétiner et de trépasser (Paix à son âme !).

Enfin bon, les sept petits bonhommes restants commencèrent à s’attaquer à Cindy pour pouvoir prendre le micro. Beaucoup de personnes essayèrent d’arracher les nains du corps de la chanteuse mais une barrière invisible les empêchait de s’approcher. Cindy lâcha donc le micro qui fut ramassé par l’un des sept nains. Il prit la parole :

« Mesdames, Messieurs, nous venons de rentrer du boulot et nous sommes à la recherche d’une personne qui nous est chère. Nous, Gras-Double le Charcutier, Longue-Barbe le Coiffeur, Gratte-Nez l’Agriculteur Nasal, Riche-Flatulence le Libérateur de Gaz, Bonnet-Dâne l’Éleveur de Mule, Jo-Zefine l’Ange Garde-Pain, Mâ-ra le Vendeur de Baignoires, recherchons la dénommée Blanc-en-Neige, jeune femme d’une beauté remarquable, au sourire délicat (la troisième dent de devant étant une dent noire) mais qui a la fâcheuse tendance de tomber dans les pommes. Voilà deux jours qu’elle n’a pas donnés signes de vie et nous nous inquiétons. Si vous la connaissez dîtes-lui de notre part que nous l’attendons ! »

 ces mots, ils disparurent, laissant Cindy, les musiciens, la surveillance et le public abasourdis. Dix minutes après, le spectacle reprit et, au moment de saluer à la fin du concert, Cindy Perrault déclara qu’elle écrirait une chanson sur les nains désespérés et abandonnés (ça va promettre !).

Pourquoi y a-t-il eu une barrière magique invisible ? Les sages et l’Oracle de Kandrakar se le demandent. Dès que nous aurons plus d’informations, nous vous préviendrons et surtout, ne pensez pas que toute cette histoire est du domaine du Nain-porte quoi ! »

Vendredi dreize

Ce soir je me tourne la cervelle comme une crêpe inlassablement terne sur le parquet d’une poêle : mais d’où nous arrivent les fantômes ?

Il fut un temps littéraire où les spectres apparaissaient de cadres aux frontières intemporelles, de macchabées fraîchement fanés, de bruine écossaise, de donjons invocateurs et autres lieux légendaires, puits à résurgence.
Revenants à complaindre surgissant de l’opacité des temps mêlés, c’était dans un but, parfois inconnu d’eux-mêmes, qu’ils honoraient leurs descendants de leur essence vaporeuse. Quelques fois protecteurs, ces gardiens des vivants mettaient un point d’honneur ancestral à suggérer à leur prévenu la tenue adéquate, éviter à la carriole vitale toute embardée fatale par-dessus le fossé.

Mais le fantôme dépasse l’entendement et la définition commune devenue obsolète avec l’avènement de l’ère électronique, informatique, portique, pratique. Aujourd’hui, les ondes produisent des ombres. Par l’entremise des champs techniques, les fantômes font peau neuve et réapparaissent sur le devant de la scène : c’est ainsi qu’un téléphone portable peut endosser l’habit de l’avocat du diable.

Mais comment être sûrs que ces souffles soudains d’anciens ne sont pas à l’image des mirages de celui qui éprouve la soif ?

Intrusion bruyante : squatter le portail d’APC

Encore un jour se lève sur la blogosphère, et voilà votre Portail toujours cadenassé. Mais diantre, quand pourrez-vous enfin satisfaire votre curiosité morbide et vous introduire furtivement à nouveau dans le sein de la vie de Anne-Perrine via cette brèche virtuelle ? C’est parce que cette question me turlupinait ce matin en prenant ma douche (ça doit être parce que c’est la première depuis plusieurs jours, mon corps n’est plus accoutumé et par voie de conséquence, mon esprit y réagit vigoureusement…) que je décidai d’endiguer tous ces saignements, de faire un bandage candyde (cf. les études d’infirmières de mademoiselle tache de son) et de vous montrer une porte de service pour vous incruster chez elle (non, non, ne me remerciez pas, les trahisons, c’est toujours de bon cœur (surtout la famille et les meilleurs amis, c’est encore plus réjouissif)).

Bref, pour ne pas m’immortaliser ici (après tout, j’ai aussi un blog (oui, c’est vrai, il ne sert qu’à tenir ma côte au top des personnalités anonymes d’internet les plus incomprises du moment (et aussi pour faire étalage de ma pseudo-spiritualité-que-les-problèmes-existenciels-j’en-ai-même-pas))), je vais ouvrir cette séance – frottement d’un marteau en bois sur un secrétaire surélevé en bois aussi, mais pas de la même nuance parce que c’est pas le même arbre et que même si c’était le même arbre, de toute façon ils viendraient pas de la même forêt (et je vous parle même pas de leurs généalogie et génotype (car oui, les arbres, ils sont sûrement pourvus de chromosomes) et va falloir se réfréner sur les parenthèses) – pour vous converser en somme de stèle, de lécythe aryballisque et de pyxis skyphoïde, tous ces choses qui me font frire l’échine, et que vous n’aimez peut-être pas, ce qui a pour effet de me les faire adorer encore plus (attention : ceci fonctionne aussi pour tous les gens que cela rend indifférent) et de toute façon si vous les affectionniez, elles n’auraient pas la même saveur.

Mais finalement, ce qui est bon pour ces céramiques, va de paire avec le reste de nos turbulentes amours : c’est souvent ce sentier-ci que finissent par emprunter nos saintes ivresses qui échouent perpétuellement en gueules de bois (notez le rapport avec le précédent paragraphe). Vous vous immoleriez par le feu, l’eau, le vent (mais moins la terre, habitat naturel de notre Ver qu’on lui réserve sans trop de discutaille) pour vendre auprès de vos amis votre last scoperta, votre dernière acquisition spirituelle qui vous bouffe tout entier.
Depuis que votre nez a reniflé l’empreinte olfactive de tel groupe auditif, votre cœur ne s’y sent plus, votre tête connaît des jours nouveaux. Vous vous en imprégnez tout le jour et la moindre parcelle de votre corps expire la couleur de leurs mélodies inimitables (du moins, pas encore, mais ça viendra). Alors quoi de plus naturel que de vouloir convertir vos proches, ces impies qui vous côtoient et que vous tentez d’amadouer de dix et une façons, afin de pouvoir enfin vous dérouler la langue sur le sujet sans plus jamais ouïr les soupirs peu contenus de votre auditoire ennuyé ?

S’ensuivent alors les conséquences que tout un chacun a probablement déjà eu les menus plaisirs de ressentir : dont, of course, le transfert de passion technologique. Eh oui, vous avez si bien prêché que votre piété a quelque chose de puéril face à celle des récemment convertis, mais dont la foi n’est que plus absolue. Ainsi vont les vies : votre culte perd de son éclat, en entendre déblatérer à longueur de demi-journées vous réduit l’encéphale à l’état de cancrelat, vous perdez toute innocence et vous devenez… moqueur (voire cynique, pour ceux qui ont du potentiel). Ce culte est cul-cul, vous lui tendez votre bouche en cul-de-poule et vous lui botteriez bien le… Enfin, on a saisi le principe.

Je poursuivrai avec bonheur cette tirade (que dis-je, une diatribe ! une attaque ! un raz-de-marée ! une révélation (pour rester dans le thème) !), car ce matin j’ai de l’appétit (encore un effet secondaire de cette douche…) à redistribuer, mais voilà, j’ai rendez-vous.

Comment ? Que ? Quoiak ? Les nouvelles d’APC ?

… Laissez tomber, même sous la torture de la goutte ou des scones dégoulinant de sirop d’érable juste devant ma truffe mais les mains agrafées à un pilier (une colonne grecque, si disponible en stock), mes lèvres demeureraient scellées (t’as vu SuperNaïve, à la vie, à… la… vie aussi !)

Donne-moi un la

J’ai eu l’envie d’écrire que mes oreilles ont dépensé une excellente introduction pour cette nuit : l’émission a eu beau se conclure aux alentours des 2h, je ne regrette pas d’avoir creusé mes yeux. Oui parce que j’ai passé mon baptême de Taratata, avec succès, à l’instant : jusqu’ici, j’avais de lourdes réticences en parties originaires des antécédents de Nagui, ou tous les primes où j’ai eu l’étrange désir tailladant mes tripes de l’expulser de mon poste à coups de machette.

J’ai apprécié la simplicité du produit : lieu simplet, flash-en-arrière un fil de pelote intimiste, un montage cherchant à filmer les joueurs et les chansonniers, le parler plutôt soyeux dans sa franchise du présentateur précédemment tant honni par moi-même, et puis une scène en bois, rien que du parquet en cercle et pas de foutu escalier avec portes coulissantes et des spots en strass, mais juste des enceintes et des micros disposés en sitting made in mai eighty-aight.

Donc Taratata, on se sent à l’aise sur son sofa et on rencontre comme ça des gens sympas qui font des trucs, des trucs parfois moins sympas qu’eux : mais j’ai apprécié regarder des titres de tunes qui ne me plaisent pas, c’est donc, il me modestement semblassusse, un signe de qualité d’orchestration.

Intrigant : j’avais en songes penser à poster dans un autre esprit, mais…