Month: mai, 2007

First Sparkle of the Stars

Je ne sais, je ne sais
Ce qu’ensemble les humains se disent
Comment les amants, les amants se meurent
Et comment s’efface la jeunesse

Je ne puis comprendre
L’amour des mortels
pour leur terre, leur terre natale
─ Toute la terre leur appartient

Pourquoi près d’une tombe ils pleurent
une voix, un visage
Sans en accueillir jamais, jamais
D’autres

Et moi, à l’apex
du cercle de la nuit
En plein vol, jamais n’ai connu
plus forte ou plus faible lumière

Chagrin, c’est ainsi que l’on nomme
Cette coupe à mes lèvres
Hélas, de tous mes jours sans fin,
Jamais ne devront boire.

C.S. Lewis

C’est curieux comme sa lecture m’a émue ; comme les larmes ont effleuré mes cils, à rebrousse poil au vu des difficultés qu’elles rencontraient à percer. Je ne saurais dire pourquoi : peut-être était-ce finalement sur la lecture du Dernier rayon de soleil dont ce poème concluait le récit ? Mais non, le récit ne s’est pas avéré assez émouvant et tourmentant pour appeler à cette émotion.

Peut-être s’agit-il de l’écho d’un poème renvoyant bellement à un monde que l’on a intensément côtoyé pendant des heures ? Mais si finalement, toute cette présomption n’était ici que pour minimaliser l’œuvre de Lewis ?

Oui, dire tout cela, c’est insulter son travail et son talent. Placer ce poème dans mon contexte peut expliquer ce transport, mais nous ferions bien mieux de l’attribuer à sa place et son choix justes de mots touchants.

Mais voilà que d’autres larmes affluent aux paupières : leur source n’est pas assez lointaine pour leur permettre un long voyage, un voyage même : cette fois en sont responsables les notes de Martin Springett d’après l’œuvre de Kay. Ne minimalisons pas Springett non plus, mais Kay, Kay est forcément la teneur de cet émoi.

Il faut dire que question Lewis, je suis autrement plus fan d’un Jabberwocky que d’un lion messie, et malgré toute ma bonne volonté, les constantes allusions aux lumières du haut monde dans son œuvre me font me frotter l’échine… Pourtant, je suis forcée de constater que ce poème tient sa position en clôture du Dernier rayon de soleil, après le laisser de narration intérieure d’un prêtre, Ceinion.

J’ai peur de tourner quérir le contexte d’écriture de cet extrait. Après ma lecture, j’ai peur de trop d’allusions à une unique déité. Ce qui m’a toujours séduite et faite immanquablement fondre lors des multiples relectures de cette précieuse Tapisserie [6ème post, lire Prologue], ce sont ces incursions mythiques dans un mélange d’imaginaires s’enracinant dans une réalité. J’aime à découvrir les appellations nordiques d’une chasseresse, celles innombrables des oracles et leur panoplie old-fashioned pour connaître l’avenir et revoir le passé. Kim et sa bague de brocante qui change de couleurs comme les bonbons brûlés pour les mauvaises têtes (en vente dans votre boulangerie la plus proche). Cette façon d’inclure des vers inconnus mais existant, de civilisations qui paraissent fantasmées, comme une herbe découpée pour un potage.

Mais au pays du dernier rayon, se mêle aux mystérieux esprits naturels une éminence unique, appelée Jad. L’idée d’esprits hérétiques m’avait parue à contre-courant, de prime rebord, pour s’effacer devant la kyrielle d’injonctions à la croyance infinie et ambigument hypocrite en cette lumière. Alors j’ai pris peur : était-ce une réflexion parmi d’autres qui ponctuent l’univers coutumier de ce cher Gavriel, ou était-ce une prise de parole de son for intérieur ? J’en suis encore sceptique et questionneuse.

Une pensée mille fois sue, mais énoncée si humblement, d’une simplicité qu’on manquerait d’en évaluer sa saveur : « Dure vérité : le courage peut n’avoir aucun sens, aucune suite, n’être ni récompensé ni même reconnu. Ce n’est pas ainsi que va le monde. »

Et parce qu’il a trait à ce poème et cet ultime rayon juste assez sonnant, voici de quoi rentrer dans un cours d’eau :

Brian Eno

Here we are
Stuck by this river,
You and I
Underneath a sky that’s ever falling down, down, down
Ever falling down.

Through the day
As if on an ocean
Waiting here,
Always failing to remember why we came, came, came
I wonder why we came.

You talk to me
As if from a distance
And I reply
With impressions chosen from another time, time, time,
From another time.

Délicieuses pourritures

Le réseau arachnéen a cet inconvénient : il n’est pas inflammable. Du coup, pour régler les différents, nous sommes contraints de baisser bonnes torches et autres instruments révolutionnaires qui ont fait leur temps (je laisse dans ma besace les canons peu maniables et une plume encombrants) et de renvoyer les émissaires patibulaires armés jusqu’aux haut-parleurs.

Tous ?

Aux oubliettes ces ombres de mains de l’ère virtuelle volcanique, il reste des irréductibles sachant s’acheminer jusqu’aux affres des barricades baroques, se faisant figure pour des travailleurs potentiellement opalescents.

Les blogs (des autres), je vais m’en passer mon chemin, ça m’apprendra à me prêter au jeu du regard spéculaire.

Je ne suis pas virtuose, mais je ne suis pas virtuelle : et y a des fois où je l’ai mauvaise parce que d’autres l’ont pour les gens tout entiers. Alors mon jean, toi tu t’occupes de nous et tu flaires rien, tes allergies au pollen et ton addiction au glucose sont autrement suffisantes, pas touche, hein ? Et puis prends garde au henné, il trompe…

Mais j’y pense, ça manque d’un cristal d’acidulé : alors voilà, et voilà.